Bien-être, Ma Beauté

C’est nouveau, c’est la norme ISO 16128…

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? A quoi sert-elle ? Quelles sont ses limites ? On fait le point !

L’histoire cette norme récente est le fruit de six années de travail menées à l’échelle internationale (en Europe, en Asie, aux Etats-Unis…). La France y a contribué via l’Afnor avec la participation de représentants du secteur cosmétique (fabricants, fédérations professionnelles, organismes certificateurs, labels bio…), afin d’établir une définition commune aux ingrédients naturels et bio utilisés dans les cosmétiques. Souci d’harmonisation à l’international pour faciliter les relations de travail entre fabricants et fournisseurs, mais aussi volonté de transparence vis-à-vis des consommateurs de plus en plus nombreux à souhaiter des produits naturels : tels sont les objectifs affichés par ses promoteurs et les délégations nationales (une trentaine au total) qui ont planché sur le sujet. Précision importante : comme toutes les normes ISO, la norme ISO 16 128 est volontaire : elle n’est donc pas obligatoire. Elle ne remplace pas la réglementation cosmétique et ne se substitue pas aux instances de contrôle en vigueur dans chaque pays.

Le résultat – La première partie, publiée en 2016, définit quatre types d’ingrédients : naturels, dérivés naturels, biologiques et dérivés biologiques. Son second volet a été rendu public plus récemment, à l’automne dernier. Il indique principalement le mode d’emploi pour calculer la teneur en ingrédients d’origine naturelle et bio dans chaque produit fini. La norme ISO 16 128 n’est donc pas un label, et elle n’a pas vocation à certifier le caractère naturel ou bio de vos produits d’hygiène et de beauté. Qu’on se le dise !

Ses limitesSeulement voilà : à l’heure du greenwashing à tout va, cette nouvelle norme ne fait pas l’unanimité auprès des professionnels du secteur, en particulier des organismes certificateurs et des labels bio. La contestation est notamment portée par Cosmébio, un pilier « historique » du bio, qui regroupe aujourd’hui près de 370 sociétés adhérentes. L’association faisait partie de la délégation française au départ. Mais elle a claqué la porte en cours de route, comme Ecocert d’ailleurs, dénonçant notamment :

1) Une définition du naturel « au rabais » : selon la norme, est déclaré « dérivé naturel » tout ingrédient contenant plus de 50 % de matières premières naturelles. Rien, par contre, sur les autres composants… Un non-sens selon Cosmébio. Certaines substances considérées comme naturelles font également débat (y compris chez Ecocert). C’est le cas des silicones, extraits du sable, mais dont le process de transformation est très polluant.

2) L’absence d’une liste d’ingrédients (et de procédés de transformation) interdits.

3) L’inexistence d’organisme de contrôle ou de certification (ce n’est pas le rôle de la norme ISO, estime l’Afnor).

Ainsi donc, en agrégeant ingrédients naturels et dérivés naturels, une crème peut tout à fait revendiquer 70% ou 80% d’ingrédients d’origine naturelle selon la norme ISO 16 128, tout en intégrant dans les % restants des ingrédients issus de la pétrochimie, non respectueux de l’environnement ou soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens. Tout est possible, à partir du moment où ces composants sont autorisés par le règlement cosmétique. Absurde ? Pas vraiment ! Dans un communiqué récent, Cosmébio soulève le problème et invite les consommateurs à la vigilance contre les marques qui seraient tentées de verdir leur discours sous couvert de norme ISO.

Notre avis En France, pour qu’un cosmétique puisse afficher la mention « produit naturel », il doit contenir au moins 95% d’ingrédients naturels ou dérivés naturels. Quant aux produits bio, ils doivent se composer d’ingrédients biologiques ou être conformes au cahier des charges des labels. Telles sont les recommandations de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité). Si vous êtes adeptes de produits naturels, sans extraits pétrochimiques, respectueux de l’environnement, etc., vous pouvez vous fier aux labels bio et aux organismes certificateurs existants (Cosmebio, Cosmos, Natrue…) qui font référence en la matière. Par ailleurs, label sur les emballages ou pas, lisez bien les étiquettes ! La réglementation européenne impose d’indiquer sur les packagings la liste des principaux ingrédients présents dans les formules. Pour les décrypter, à vos lunettes et à vos applications beauté !

Crédit photos : ©Pixabay

Anne Autret
Mes activités : fondatrice du site d’information BtoB L’Actu Spa & Bien-Etre, piges, conseil éditorial, conception-rédaction, communication. Mes domaines de prédilection : bien-être, beauté, tendances consommation. Mes pratiques de bien-être : spinal network analysis chez ma chiro préférée Sandrine Perrot, séances d'ostéo avec Magic Valentin Cohas, Pilates, running, badminton, massages bien-être, thalasso, balades au bord de la mer...

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