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Endométriose : un plan et une cure thermale…

L’endométriose, on en souffre et on en parle ! Cette maladie inflammatoire chronique hormono-dépendante peut vous clouer de douleur au lit pendant plusieurs jours et rester non diagnostiquée pendant des années. Les médecins sont peu ou pas formés, et trop longtemps, ce mal féminin a été ignoré. Une histoire de règles, somme toute. Allez, Mademoiselle-Madame, courage : ça va passer…!

Mais ça, c’était avant, peut-on espérer… Depuis un an quasiment jour pour jour, un plan d’action a en effet été lancé par le Ministère des Solidarités et de la Santé, afin de mieux prendre en charge l’endométriose. Sous-diagnostiquée et encore mal connue des professionnels de la santé, cette maladie gynécologique concerne pourtant au bas mot une femme sur dix. Dans le train de mesures annoncées, figure la création de filières de prise en charge dans toutes les régions, afin de simplifier les parcours de soins et de faciliter la vie des femmes.

Pour détecter la maladie de façon précoce, des consultations obligatoires sont également envisagées pour les jeunes filles âgées de 11 à 13 ans et de 15 à 17 ans. Le plan prévoit aussi l’amélioration de la formation (initiale et continue) des professionnels de la santé, une meilleure organisation de la recherche ainsi qu’une meilleure information vers les professionnels et le grand public. Une initiative attendue de longue date par les femmes et par l’association Endofrance. « Pour la première fois depuis de nombreuses années, nous avons le sentiment d’être enfin entendues », souligne sa présidente Yasmine Candau.

Bon à savoir – En France, l’association EndoFrance constitue l’une des voix référentes des femmes atteintes d’endométriose. Reconnue d’intérêt général, elle soutient la recherche et mène des actions de soutien et d’information à destination du grand public et des patientes. Depuis 2004, elle est notamment à l’origine de la Semaine Européenne de Prévention et d’Information sur l’Endométriose (avec d’autres associations européennes) : la 16ème du genre aura lieu du 2 au 8 mars 2020. Elle est aussi partenaire du court métrage Chroniques endométriques, toi, mon endo, réalisé par Laetitia Laignel. A noter que l’association Endomind accompagne également la recherche et les femmes dans ce qu’il convient bien d’appeler leur parcours de douleur. Entre autres.

L’endométriose, c’est quoi ?
Règles douloureuses ou hémorragiques, troubles digestifs et urinaires (constipation, diarrhée, sang dans les mictions, brûlures urinaires…), violentes douleurs pelviennes ou pendant les rapports sexuels… : les symptômes sont multiples et peuvent s’avérer invalidants. Souvent dépistée par hasard, l’endométriose est une maladie gynécologique hormono-dépendante qui survient à la puberté – et qui est donc liée aux cycles féminins. Particulièrement douloureuse, elle provoque, lentement mais sûrement, des dégâts parfois irréversibles pouvant aboutir à l’infertilité : 30 à 40% des femmes souffrant d’endométriose sont concernées, selon EndoFrance. « La maladie reste complexe et mystérieuse pour les médecins. Elle revêt plusieurs formes, et on ne sait toujours pas pourquoi elle peut être à ce point problématique chez certaines femmes », note Yasmine Candau.

Ça se passe comment ?
L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’utérus. Pendant le cycle féminin, il s’épaissit sous l’effet des hormones, afin d’accueillir une éventuelle grossesse, puis se détruit et provoque des saignements (les règles), s’il n’y a pas eu fécondation. Chez la femme touchée par l’endométriose, des cellules migrantes (nous en avons toutes) vont former un tissu semblable à la muqueuse endométriale en dehors de l’utérus (dans les ovaires, le vagin, la vessie, le rectum…), entrainant l’apparition de lésions, d’adhérences et de kystes. La douleur ainsi provoquée est continue ou ponctuelle, selon la localisation. Souvent, elle se fait plus violente au moment de l’ovulation et des règles. Ce caractère cyclique de la douleur est d’ailleurs caractéristique et doit servir de signal d’alarme. Problème : dans certains cas, l’endométriose est asymptomatique, d’où la difficulté de la dépister et de la traiter.

Quels sont les origines et les traitements ?
Selon l’Inserm, l’endométriose serait due pour moitié à des facteurs génétiques et pour moitié à des facteurs environnementaux. Les scientifiques s’interrogent notamment sur le rôle que pourraient avoir les perturbateurs endocriniens et certains composants alimentaires, comme les acides gras polyinsaturés. Médicaments anti-douleurs puissants, traitement hormonal pour stopper les règles, chirurgie pour supprimer les lésions… : une fois diagnostiquée, des solutions existent pour soulager les femmes, certaines, tout au moins, et endiguer la maladie. Mais pour l’instant, il n’existe pas de traitement définitif. En cas de traitement substitutif hormonal, l’endométriose peut même se prolonger au-delà de la ménopause.

Pourquoi pas une cure thermale ?
En complément de ces thérapies, il existe des méthodes plus douces pour soulager et agir sur la douleur. C’est le cas des cures thermales, grâce à l’action antalgique de l’eau thermale, mais aussi à une prise en charge globale intégrant une approche psychologique, physique et nutritionnelle. En France, une bonne dizaine de stations ont l’orientation gynécologie : Bagnoles-de-L’Orne, Bourbon L’Archambault, Challes-Les-Eaux, Evaux-Les-Bains, La Léchère, Luxeuil-Les-Bains, Luz-Saint-Sauveur, Salies de Béarn, Salies-du-Salat, Ussat-Les-Bains.

Mais une seule propose une cure spécialisée dans la prise en charge de l’endométriose et encadrée par des sages-femmes : il s’agit de Challes-Les-Eaux. Ce petit établissement situé à côté de Chambéry est l’une des 20 stations de la Chaîne Thermale du Soleil en France. L’eau thermale y est l’une des plus souffrées d’Europe : elle a donc des propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et apaisantes. On vous dit tout !

Une cure gynéco avec des soins thermaux ciblés…
Comprendre, s’informer, se soigner, prendre soin de soi pour dompter la douleur : tels sont les principaux objectifs de cette cure de 18 jours (qui se décline aussi en séjour d’une semaine). Deux volets la composent, à commencer par la cure thermale fondamentale gynécologie, passage obligé, qui comprend 3 consultations avec une médecin phytothérapeute et 72 soins thermaux. Ils sont effectués par trois sages-femmes, c’est unique en France dans le thermalisme, et ils sont délivrés au sein d’une petite unité, idéale pour préserver l’intimité. Au programme : bain thermal, douche au jet, irrigation vaginale, pulvérisation vulvaire et cervico-vaginale. « Les femmes arrivent généralement dans un état de stress majeur car elles ont mal et elles errent depuis des années sans avoir été soulagées. Elles se posent aussi des questions sur les soins, si elles vont devoir subir des examens douloureux… Notre rôle est de les accueillir, de les accompagner et de faire en sorte qu’elles repartent soulagées», explique Elisabeth Girod, l’une des trois sages-femmes.

… Et un volet spécifique endométriose
La cure gynécologie est complétée par un programme spécifique et personnalisé, centré sur l’endométriose. Comme toujours lors d’un séjour thermal, il se déroule sous les bons offices d’une équipe pluridisciplinaire : gynécologue, sages-femmes, sophrologue, ostéopathe, diététicienne… Au menu : 2 ateliers (gynéco-anatomie et féminité/cup menstruelle avec une sage-femme) ; 1 groupe de parole avec l’association Ensemble contre l’endométriose ; 1 séance d’ostéopathie spécifique (en fonction du besoin de la patiente) ou 1 séance d’hypnose Ericksonienne ; 1 cours de yoga du son ; 1 séance collective de sophrologie ; et 1 consultation de phytothérapie. L’occasion de se poser en toute confiance, et d’acquérir des outils pour comprendre et apprendre à agir sur la douleur. « Les soins thermaux durent une heure chaque jour. Ensuite, les femmes ont du temps libre. On discute énormément, elles ont des bouquins et des planches anatomiques à disposition, elles se retrouvent à la tisanerie : elles se soutiennent énormément les unes les autres », détaille Elisabeth. Certaines sont soulagées au bout de quelques jours et parviennent à arrêter les anti-douleurs. Pour d’autres, ce n’est pas gagné. Mais elles se savent écoutées et prises en charge, et c’est déjà un premier pas vers un début d’amélioration.

Un atelier Nutrithérapie avec un diététicien-nutritionniste –
Le volet spécial endométriose comprend aussi un atelier avec Fabien Piasco. Un expert : l’auteur de « L’Alimentation anti-endométriose, nouvelle nutrition thérapeutique » est titulaire d’un DESS en nutrition, alimentation fonctionnelle et santé, d’un DU Nutrition et maladies métaboliques et d’un diplôme en neuro-nutrition. Il est aussi formé à la micro-nutrition et à la phytothérapie… Quelques uns de ses conseils ? Pour limiter l’impact de l’alimentation sur la maladie, on évite : les produits laitiers (car ils contiennent des hormones qui peuvent aggraver l’inflammation), le gluten, les sucreries, l’alcool et la viande rouge (tous pro-inflammatoires et capables de provoquer des déséquilibres hormonaux). Exit, aussi, les produits gras.

On adopte : les produits sans lactose, les aliments riches en vitamines B et Omega 3 (amandes, noix, graines de chanvre, de chia, de lin moulues…), les poissons gras (sardine, hareng, saumon de qualité…), les fruits et légumes… Tous bio de préférence pour éviter les résidus de pesticides.

Nouveau en 2020 : pour mieux comprendre la maladie et faciliter les échanges, un programme spécial aidants ou accompagnants est lancé cette année à Challes-Les-Eaux. Il comprend 1 groupe de parole avec l’association Endomind, 1 séance de sophrologie en duo (1h), des soins au spa (1 bain reminéralisant, 1 lit hydromassant et l’accès au hammam), et 1 séance collective d’1h au choix (Qi Gong, yoga ou yoga du son). Des conseils pratiques sont également délivrés via une consultation en duo avec le médecin-phytothérapeute. Son prix (non pris en charge par la Sécu) : 120 €.

Pour qui, quand et combien ? La cure spécifique endométriose s’adresse à toutes les femmes touchées par la pathologie. La moyenne d’âge, à Challes-Les Eaux, est de 30-35 ans. Elle se déroule sur 18 jours à certaines dates seulement : des 6 au 25 avril, 27 avril au 16 mai, 22 juin au 11 juillet, 20 juillet au 8 août, 17 août au 5 septembre, 14 septembre au 3 octobre, et 5 au 24 octobre. Le module spécifique endométriose est accessible uniquement en complément de la cure conventionnée gynécologie. Il n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie. Dommage… Son prix s’élève à 185 € (hors restauration et hébergement), en plus des 672,91 € de la cure gynéco conventionnée.

Et pour en savoir plus sur l’endométriose, ces sites sont de précieuses sources d’information :
>Inserm (www.inserm.fr)
>EndoFrance (Association Française de Lutte contre l’Endométriose) : www.endofrance.org
>Endomind (Association Française d’Actions pour l’Endométriose) : www.endomind.org

Article actualisé le 27 février 2020 – Crédit photos : ©Pixabay ; ©Thermes de Challes-Les-Eaux

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Anne Autret
Mes activités : fondatrice du blog d’information BtoB L’Actu Spa & Bien-Etre, piges, conseil éditorial, conception-rédaction, communication. Mes domaines de prédilection : bien-être, beauté, santé, tendances consommation. Mes pratiques de bien-être : spinal network analysis chez ma chiro préférée Sandrine Perrot, séances d'ostéo avec Magic Valentin Cohas, Pilates, running, badminton, massages bien-être, thalasso, balades au bord de la mer...

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