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coronavirus et Institut Pasteur, gare aux fake news

monalisa-bienfaitspournous.com

À la rédaction de Bienfaits pour nous, notre travail de journaliste ne se cantonne pas à « simplement » vous informer, mais bel et bien, c’est notre travail, à vérifier chacune de nos informations. Futiles, légères, distrayantes ou plus sérieuses, impliquantes, voire graves, peu importe la nature de cette info, notre travail, lui, reste le même : s’appuyer sur des sources, contacter ces sources, vérifier, décrypter…, afin que chacun ait les clés à son tour pour comprendre l’essentiel de cette information. C’est tout l’objet de cet article. Certes, il vous semblera technique à sa lecture, mais il est de notre devoir aussi de partager une information vérifiée.

Tandis que l’épidémie de COVID-19 se propage en France, de nombreuses chaînes de mails et messages d’information circulent (—vous vous en êtes certainement aperçus—) sur les réseaux sociaux ou par le biais de plateformes de messagerie. Ces messages contiennent parfois des informations erronées, et s’appuient notamment sur la prétendue expertise de chercheurs de l’Institut Pasteur ou d’autres organismes de recherche.

Les faits : une fake news circule depuis mardi 17 mars 2020, au sujet d’un brevet datant de 2003, portant sur un coronavirus et dans lequel l’Institut Pasteur est cité, ainsi que des chercheurs de l’INSERM et du CNRS.

Dans un souci de vérification de l’information, voici les éléments-clés pour vous permettre de comprendre :

L’Institut Pasteur n’a pas inventé le COVID-19 ni le virus à son origine, le Sars-CoV-2. 

  • L’Institut Pasteur a inventé un candidat-vaccin, en 2004, contre un précédent coronavirus, appelé SARS-CoV- 1.
  • La vidéo conspirationniste qui circule actuellement sur le web est donc totalement fausse.

Les explications :

L’Institut Pasteur a pour mission de travailler sur tous les virus émergents. Notamment les coronavirus. Et il existe plusieurs types de coronavirus.

  • En 2002, un premier coronavirus SARS-CoV- 1 a émergé en Chine, responsable d’une épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS en français, SARS en anglais).
  • En 2003, cette épidémie s’est étendue à plusieurs pays dans différents continents.
  • A l’époque, les équipes de l’Institut Pasteur se sont mobilisées, en proposant plusieurs stratégies vaccinales, dont un candidat-vaccin basé sur la « plateforme du vaccin contre la rougeole » (le vaccin contre la rougeole peut être recombiné et utilisé comme un véhicule pour induire une réponse immunitaire contre d’autres agents pathogènes, ici SARS-CoV-1).
  • En 2004, ce candidat-vaccin contre le SARS-CoV-1 a fait l’objet d’une déclaration d’invention (DI).

Le brevet déposé concernait bien le SARS-CoV-1 (responsable de la maladie dite SRAS en 2002-2003), qui est très différent de SARS-CoV-2 (responsable de la maladie dite Covid19 en 2019-2020). 

  • Le brevet de 2004 décrit la découverte du virus, puis l’invention d’une stratégie vaccinale contre ce virus, et NON l’invention du virus lui-même. 
  • Ce candidat-vaccin contre SARS-CoV-1 n’a pas été expérimenté chez l’homme car, quand il était prêt, l’épidémie était heureusement terminée, et il n’y avait plus de patients sur lesquels proposer de le tester.
  • Dans la famille des coronavirus, SARS-CoV-2 fait partie du groupe de virus dits « SARS-like » (ou SARS-CoV).
  • Le savoir-faire développé en 2003 contre SARS-CoV-1, et le candidat-vaccin breveté en 2004, sont actuellement appliqués par les scientifiques concernés pour un projet en cours de vaccin potentiel contre SARS-CoV-2 (responsable de Covid-19), notamment en utilisant la plateforme rougeole.

Pour entrer dans le détail :

Il existe plusieurs types de coronavirus. Ainsi, une précédente épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS en français, SARS en anglais) est apparue en Chine en 2002 et s’est développé au niveau mondial en 2003, à l’origine de plus de 8000 cas et de près de 800 décès. L’agent causal, un coronavirus inconnu jusqu’alors, a pu être rapidement identifié à l’époque : SARS-CoV-1.

Grâce à une mobilisation internationale sans précédent, motivée par l’alerte mondiale déclenchée le 12 mars 2003 par l’OMS, l’épidémie a pu être endiguée par des mesures d’isolement et de quarantaine (source : fiche maladie IP « SRAS 2003 ») : https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/sras

Les équipes de l’Institut Pasteur se sont mobilisées à l’époque, en menant de nombreux travaux de recherche et en proposant plusieurs méthodes de construction d’un vaccin, dont un candidat-vaccin notamment basé sur la « plateforme rougeole ».

• Le vaccin rougeole est ici utilisé comme un « véhicule ». En utilisant le virus du vaccin contre la rougeole (aussi appelé MV) comme vecteur, des vaccins recombinants peuvent être conçus pour exprimer des antigènes d’autres agents pathogènes (virus du sida, de la dengue, du Nil occidental, de la fièvre jaune, de la fièvre de Lassa, ou d’autres maladies émergentes…). L’utilisation du MV pour la vaccination contre ces agents pathogènes, permet de délivrer les antigènes chez les individus à vacciner directement dans les compartiments du système immunitaire aptes à induire une réponse mémoire protectrice.

Ce candidat-vaccin contre SARS-CoV-1 a fait l’objet d’une déclaration d’invention en 2004.

Cette « invention » est relative à une nouvelle souche de coronavirus associé au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), issue d’un prélèvement répertorié sous le n° 031589 et prélevé à Hanoi (Vietnam), à des molécules d’acide nucléique issues de son génome, aux protéines et peptides codés par les dites molécules d’acide nucléique ainsi qu’à leurs applications, notamment en tant que réactifs de diagnostic et/ou comme vaccin.

Le brevet déposé concernait bien le SARS-CoV-1 (responsable de la maladie dite SRAS), qui est très différent de SARS-CoV-2 (responsable de la maladie dite Covid-19).

Le brevet de 2004 ne décrit pas l’invention du virus, mais la découverte du virus et l’invention d’une stratégie vaccinale contre ce virus.

Ce candidat-vaccin n’a pas été expérimenté chez l’homme car quand il était prêt pour ces premières études chez l’homme, l’épidémie était heureusement terminée, et il n’y avait plus de patients sur lesquels tester ce candidat vaccin.

Les chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’Inserm sont donc les inventeurs d’un candidat-vaccin qui n’a pas eu le temps d’être testé à l’époque. Mais ils ne sont pas les inventeurs du virus bien évidemment.

Concernant le COVID-19 (maladie consécutive à l’infection par le coronavirus SARS- cov2) :

Le coronavirus SARS-cov2, ayant émergé dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine) à la fin de l’année 2019, est l’agent responsable de la nouvelle maladie infectieuse respiratoire appelée COVID-19 (pour Corona VIrus Disease).

Dans la famille des coronavirus, SARS-cov2 fait partie du groupe de virus dits « SARS-like » (ou SARS-CoV), mais il est différent du SARS-Cov1 de 2002-2003.
Le savoir-faire scientifique développé sur la période 2003-2004 avec SARS-cov1 est actuellement appliqué par les scientifiques concernés pour le projet en cours de vaccin potentiel contre le SARS-CoV2 (responsable de Covid19), notamment en utilisant la plateforme rougeole déjà utilisée en 2003-2004.

Ces « inventions », ce savoir-faire sont actuellement utilisés à mettre au point un vaccin contre le covid-19 et un kit de diagnostic sérologique.

Le 19 mars 2020, le CEPI (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) annonce le financement d’un montant de 4,3 millions d’€ du projet de développement d’un vaccin contre le SRAS-CoV-2 émergent. Ce projet, porté par l’Institut Pasteur dans le cadre d’un consortium avec Themis et l’université de Pittsburgh / Center for Vaccine Research (CVR), est fondé sur l’utilisation du vaccin contre la rougeole comme vecteur de ce candidat vaccin. 

DES LIENS UTILES :

Si vous souhaitez des informations officielles sur les recherches menées à l’Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/coronavirus-toute-actualite-institut-pasteur-covid-19

Si vous souhaitez consulter la fiche maladie Covid-19 : https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/coronavirus-wuhan

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©Pixabay

Carine Bruet
Journaliste de presse grand public, rédactrice en chef du Guide de la Thalasso. Je suis une "épicurieuse", en quête de bons plans et d'infos positives pour me (vous) faciliter la vie ! Toujours à l'affût, un vrai radar ! Ah oui et puis... "Je crois en la couleur rose. Je crois que rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois qu'il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour, et je crois aux miracles". Merci à la belle Audrey Hepburn pour ces mots, ils sont devenus ma philosophie ! Et ça, c'est BienFaits pour moi !

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