Bien-être, Ma santé

Octobre Rose : Pour aller bien, montrons nos seins !

Ce 1er octobre 2020, l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! rebaptisée désormais Ruban Rose, a lancé la 27ème édition d’Octobre Rose en France, pour mettre en lumière toutes celles et ceux qui combattent cette maladie, mais aussi et surtout pour informer, sensibiliser et réunir toujours plus de fonds pour aider les chercheurs et les soignants. Depuis 1994, époque où il était encore tabou en France de parler du cancer du sein, la campagne d’information de l’association a pris une ampleur sans précédent : désormais la campagne Octobre Rose est chaque année un rendez-vous de mobilisation nationale, grâce à un nombre d’acteurs engagés dans la lutte contre le cancer du sein, toujours croissant.

Parce qu’à la rédaction de BienFaits pour nous, nous nous sentons toutes concernées, nous jouons nous aussi ce rôle de médiatrices de l’information. Être informé(e), c’est avoir les armes pour comprendre, pour fédérer, pour soulager, pour avancer, pour se battre…, pour gagner !

Alors, haut les seins, les filles ! 🙂

En ce mois d’Octobre Rose, faisons le point !
-En France, près de 12 000 décès chaque année, les cancers du sein sont le 1er cancer chez la femme et ceux qui entraînent la plus grande mortalité.

-Près de 59 000 nouveaux cas dépistés en France chaque année (Source INCA 2019)


-Dans plus de 8 cas sur 10, ce cancer touche des femmes âgées de 50 ans et 
plus

Près de 50% des cancers du sein sont diagnostiqués entre 50 et 69 ans et environ 28% sont diagnostiqués après 69 ans

-Environ 10 % des cas de cancer du sein se manifestent chez les femmes âgées de moins de 35 ans 


-1% des cancers du sein concerne des hommes

-Les cancers du sein les plus fréquents (95 %) sont des adénocarcinomes, qui 
se développent à partir des cellules épithéliales de la glande mammaire

5 à 10% seulement des cancers sont d’origine génétique et 85% sont sporadiques et isolés 


50% des cancers du sein n’ont aucune cause identifiée 


-En plus du risque de récidive du cancer au niveau du sein traité, une femme qui a eu un cancer du sein a un risque 3 à 4 fois plus élevé de développer un nouveau cancer du sein qu’une femme du même âge. Ce risque justifie un suivi régulier et prolongé

S’il est dépisté à un stade précoce (c’est-à-dire à un stade peu avancé de la maladie), ce cancer peut être guéri dans 9 cas sur 10 


-Les traitements sont de mieux en mieux adaptés à chaque forme de cancer et ceci grâce aux progrès de la recherche

Parole d’expert : « A l’Institut Curie, premier centre de prise en charge des cancers du sein en France et en Europe, nous voyons chaque année plus de 7 000 femmes atteintes par cette maladie. Le cancer du sein se guérit de mieux en mieux, mais lorsque la maladie est métastatique nous sommes trop souvent dépourvus de solutions thérapeutiques efficaces. Trop de femmes meurent encore de leur cancer et nous travaillons sans cesse à trouver de nouveaux traitements, comme les immunothérapies, les thérapies ciblées ou des combinaisons avec de nouvelles chimiothérapies ou avec la radiothérapie », explique le Pr Jean-Yves Pierga, chef du département d’Oncologie médicale de l’Institut Curie, spécialiste des cancers du sein.

N’oublions pas que… le cancer du sein est plus fréquent chez les femmes de plus de 50 ans, mais d’autres facteurs de risque existent :
>Les antécédents personnels : les femmes qui ont déjà été atteintes d’un cancer du sein sont plus à risque d’avoir encore un cancer du sein.
>Les antécédents familiaux : près de 20 à 30% des cancers du sein se manifestent chez des femmes ayant des antécédents familiaux de cancers dont des cancers du sein.
>Les prédispositions génétiques au cancer du sein : certaines mutations génétiques peuvent favoriser la survenue de cancers du sein, notamment la mutation des gènes appelés BRCA1 (pour BReast Cancer 1 : gène 1 du cancer du sein) et le BRCA2 (pour BReast Cancer 2 : gène 2 du cancer du sein). Néanmoins, la mutation d’un de ces gènes n’entraîne pas systématiquement la venue d’un cancer.

Les modes de vie
Près de 20 000 cancers du sein par an sont attribuables à des facteurs de risques évitables. Ainsi, ce sont 8 700 cas de cancers du sein qui, chaque année, sont attribuables à la consommation d’alcool et 4 900 au surpoids et à l’obésité ou encore 2 600 à la consommation de tabac. L’alimentation déséquilibrée ou encore le manque d’activité physique (chez les femmes post-ménopausées) représente respectivement 2 500 et 1 700 cancers du sein chaque année (1). Le nombre de cancers attribuables à l’ensemble des facteurs de risque approche les 20 000 (2) cas et montre à quel point la prévention joue un rôle central dans la réduction du nombre de cancers. Modifier chaque jour ses comportements et habitudes de consommation permet de réduire son risque de cancer du sein : arrêter de fumer, de ne pas consommer plus de 2 verres par jour, et pas tous les jours, de manger équilibré et varié ou encore de  pratiquer une activité physique régulière.

©P.Lombardi/Institut Curie

Elle nous le disait déjà l’an passé…
Dr Anne Vincent-Salomon : Médecin pathologiste (Service de Pathologie et U934 INSERM Institut Curie à Paris). Grand Prix Ruban Rose 2012 & Présidente du Comité scientifique des Prix Ruban Rose.

« En France, le cancer du sein reste le cancer le plus fréquent de la femme. En 2018, 58 459 nouveaux cas ont été diagnostiqués. Si le cancer du sein reste la première cause de décès par cancer des femmes avec 12 146 décès en 2018 (soit 14% des décès par cancer des femmes), plusieurs observations importantes sont porteuses d’espoir : tout d’abord, la diminution du taux de mortalité de -1,3% par an observée entre 2005 et 2012 ; ensuite, la survie après traitement pour cancer du sein a nettement progressé et atteint maintenant 87% à 5 ans (près de 9 femmes sur 10), alors qu’elle était de 80% en 1993. La survie atteint même 99% pour certaines formes que l’on sait maintenant identifier.

Ces progrès sont les fruits de nombreuses améliorations obtenues au cours des vingt dernières années. Citons la mise en œuvre de traitements mieux ajustés à chaque type de cancer, une prise en charge précoce facilitée par le dépistage, associée à une meilleure connaissance de la diversité des différentes formes de cancers du sein. Malheureusement, un constat plus sombre persiste : lorsque des métastases de cancer du sein surviennent, la survie n’est plus que de 26%. Il est donc urgent de poursuivre les efforts de recherche et d’encourager toutes les pistes d’innovation pour faire progresser la survie des femmes atteintes de cancer du sein métastatique.

Chaque année, les équipes lauréates des Prix Ruban Rose reçoivent des sommes importantes réunies grâce aux actions des membres fondateurs de l’Association, de ses partenaires et des donateurs particuliers. 
Le soutien financier des projets scientifiques et médicaux est absolument essentiel pour faire avancer la recherche. C’est grâce à la recherche en épidémiologie que des équipes françaises ont contribué à souligner le rôle de l’alcool dans le développement des cancers du sein. (…) De nouvelles stratégies de traitement ont vu le jour ces dernières années : des thérapies ciblées ont été identifiées car les mécanismes moléculaires de fonctionnement des cellules cancéreuses ont été décryptés et des traitements médicamenteux détruisant précisément les cellules tumorales tout en épargnant les cellules normales ont été mis au point. Depuis l’an passé, de nombreux espoirs sont soulevés par l’arrivée des immunothérapies pour les cancers du sein triple-négatifs. Les traitements chirurgicaux évoluent également avec le développement des traitements ambulatoires nécessitant un accompagnement très attentif des patientes et l’étroite coopération des équipes de chirurgiens, d’anesthésistes et d’infirmiers.
 Les campagnes d’information menées par l’association et leur effet d’entraînement sur d’autres acteurs de la lutte contre la maladie ont un impact très fort auprès du grand public et notamment des femmes. Le cancer du sein touche essentiellement les femmes mais c’est toute la société qui doit être mobilisée contre ce fléau qui touche nos mères, nos amies, nos tantes, nos sœurs …  Faire reculer le nombre de femmes touchées, ce doit être possible. Ensemble, nous y parviendrons ! »

Pour lutter aussi contre un dépistage en baisse, on se (re) mobilise !
La Ligue contre le cancer le rappelait elle aussi l’an passé : la participation au dépistage organisé est en baisse – or, ce dernier reste bel et bien une arme efficace contre le cancer. Un diagnostic précoce constitue le meilleur moyen d’agir contre le cancer du sein !

Dépistage : mode d’emploi !
Pourquoi un dépistage ? Pour favoriser un diagnostic précoce et de meilleures chances de guérison. La prévention des cancers du sein intègre, en complément des habitudes de vie, le dépistage proposé tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans ne présentant pas de facteurs de risque autre que l’âge ni de symptômes. Ce sont plus de 10 millions de femmes qui sont concernées par ce dépistage. Son objectif est de diagnostiquer un cancer à un stade précoce, même s’il ne produit pas encore de symptômes, et de favoriser ainsi les chances de guérison. Dans ce cas, les traitements dispensés et les séquelles sont moins lourds que lors d’une détection à un stade avancé et les chances de guérison plus importantes. Aussi, cinq ans après le diagnostic, 99 femmes sur 100 sont toujours en vie lorsque le cancer du sein est diagnostiqué à un stade précoce ; elles ne sont que 26 sur 100 lorsque qu’il est détecté à un stade avancé.

Chaque année, plus de 10 000 cancers agressifs peuvent être soignés plus tôt grâce aux examens de dépistage.  En 2018, seules 50,3 % (3) des femmes concernées ont répondu positivement à l’invitation qui leur a été faite. Un taux bien en deçà du seuil de 70 % de participation préconisé au niveau européen !

La mammographie (radiographie des seins) détecte les anomalies de petites tailles, dont certaines seulement se révèleront être un cancer. Cet examen  comprend deux clichés radiologiques par sein, associé à un examen clinique avec questionnaire médical qui permet au radiologue de connaître les antécédents familiaux et personnels. En cas d’anomalie, des examens complémentaires (mammographie complémentaire, échographie, ponction et éventuellement biopsie) seront prescrits pour préciser le diagnostic. Détecté le plus tôt possible, le cancer du sein peut non seulement être guéri dans plus de 9 cas sur 10 mais aussi être soigné avec des traitements moins agressifs et moins mutilants. Ainsi dans les deux tiers des cas, le sein peut être conservé plutôt qu’enlevé. 

(1) Chiffres issus du rapport du Centre international de Recherche sur le Cancer et de l’Institut national du cancer sur la part des cas de cancers attribuables, en 2015, au mode de vie et aux comportements. (2) Pour l’année 2018, l’estimation est de 18 100 cas de cancers du sein. Celle-ci ne résulte pas de la somme du nombre de cas de cancers du sein attribuables à chaque facteur de risque évitable énoncé dans le paragraphe mais d’un calcul statistique différent qui permet d’éviter les doubles comptes. Le chiffre de 20 000 cas de cancers du sein par an est le fruit d’une extrapolation qui tient compte des tendances d’évolution des facteurs de risque et de l’incidence de ce cancer. (3) https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/cancers/cancer-du-sein/articles/taux-de-participation-au-programme-de-depistage-organise-du-cancer-du-sein-2017-2018.

Parmi les initiatives d’Octobre Rose…

« 12 000 rubans roses pour Curie »Sensibiliser aux cancers du sein que l’on ne guérit pas encore, l’Institut Curie invite les Français à s’unir autour d’un nouveau projet solidaire et participatif : réaliser un ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein. Chaque création, unique, comme chaque femme qu’il reste à sauver, sera offerte aux patientes pendant Octobre Rose. Voir sur leur site…

Des sites chouchous, à partager…
www.cancerdusein.org
www.institutcancer.fr
www.ligue-cancer.net
#jaimemesseins
www.e-cancer.fr

Un livre coup de coeur,
pour en parler aussi avec ses enfants !
Les mamans aussi tombent malades. Parfois très gravement. C’est ce qui est arrivé à Camille. Voici un livre-album, joliment illustré, dont le récit est celui d’un enfant dont la maman est atteinte d’un cancer. Il nous raconte avec ses mots les étapes qu’ils ont empruntées ensemble : le traumatisme de la première hospitalisation, les visites à l’hôpital, les rencontres avec les soignants. Sans langue de bois, ce petit narrateur confie avec ses mots, ses peurs et ses doutes. Malgré tout, il continue à vivre, dans son quotidien. Camille et son fils ont partagé leur histoire avec Pascale Bougeault, qui l’a formidablement mise en mots et en images. Notre avis ? Un livre à lire, à donner, à feuilleter autour de soi ! Une histoire “de maman” racontée avec une belle dose d’optimisme, sans tabous… On aime !
Comment maman a tué le chef des pamplemousses. Pascale Bougeault, d’après l’histoire de Camille Génié. Aux éditions Rue de l’échiquier Jeunesse, 15€. (www.ruedelechiquier.net)

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Soins de support : bienvenue à la Maison

Carine Bruet
Journaliste de presse grand public, rédactrice en chef du Guide de la Thalasso. Je suis une "épicurieuse", en quête de bons plans et d'infos positives pour me (vous) faciliter la vie ! Toujours à l'affût, un vrai radar ! Ah oui et puis... "Je crois en la couleur rose. Je crois que rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois qu'il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour, et je crois aux miracles". Merci à la belle Audrey Hepburn pour ces mots, ils sont devenus ma philosophie ! Et ça, c'est BienFaits pour moi !

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