Bien-être, Ma santé

DOLA, santé des femmes, THM : le Dr Michel Mouly sur tous les fronts !

« Ménopause, DOLA (lire encadré), THM, désinformation : il est temps d’agir et de faire circuler une information claire, actualisée et qui ne fait pas peur ! La santé féminine n’a pas besoin de slogan. Elle a besoin de vérité biologique et de respect scientifique ». Dr Michel Mouly

Il ne cesse de prendre la parole… et il (le) fait bien. Michel Mouly, éminent chirurgien, gynécologue-obstétricien et oncologue, a endossé depuis plusieurs années déjà, le rôle de lanceur d’alerte sur un sujet longtemps tabou, puis resté dans l’ombre pendant des décennies : alors que l’on sait que toutes les femmes seront un jour ménopausées, pourquoi en France si peu d’entre elles sont aujourd’hui traitées, pour aller mieux ? Pourquoi ne sont-elles pas informées et accompagnées, comme il se doit. 87% des femmes de 50 à 64 ans présentent au moins un symptôme lié à la ménopause (Etude ELISA). « La DOLA (anciennement ménopause) est encore et toujours abordée sous l’angle de ses symptômes, alors qu’il faudrait avoir, depuis longtemps, une vision globale et préventive de la santé de la femme », exhorte ce dernier, qui demande ainsi à l’État et aux pouvoirs publics de s’emparer du sujet, car aucune stratégie publique ambitieuse aujourd’hui n’existe.

« Le THM n’est pas un confort, c’est un outil de santé publique. » Dr Mouly

Pourquoi “DOLA » (Déficience Oestrogénique Liée à l’Âge) ?
Le mot “ménopause”, datant de 1816, à une époque où l’espérance de vie était de 43 ans, est devenu obsolète et stigmatisant pour les femmes, nous explique-t-il. Il est temps de sortir de ce résidu sémantique obsolète, hérité d’une époque qui réduisait les femmes à ses cycles menstruels, car la compréhension hormonale de la santé féminine était embryonnaire. Réduire ce bouleversement hormonal majeur à un simple arrêt des règles est non seulement scientifiquement inexact, mais aussi stigmatisant : il inscrit la femme dans une image de « fin de vie », de « déclin inéluctable », au lieu de reconnaître la carence hormonale majeure qui affecte sa santé globale. Je lui préfère aujourd’hui le mot de « DOLA », que j’ai proposé, et qui décrit bien mieux ce qu’il se passe réellement : 1) une carence hormonale, 2) liée principalement à l’âge biologique, 3) avec des conséquences sur l’ensemble de la santé. Refuser de “nommer”, c’est retarder la prévention. Ce terme scientifique, précis, non stigmatisant, replace ainsi l’enjeu là où il doit être : sur la santé des os, sur le système cardiovasculaire, sur la cognition, sur la qualité de vie sexuelle, sur la longévité fonctionnelle… Cela fait deux ans que j’ai pris la responsabilité de réveiller cette incohérence, face aux critiques et à un scepticisme initial évident. Pourtant, je constate qu’aujourd’hui, peu à peu, doucement, cela bouge enfin ! C’est pourquoi d’ailleurs j’appelle celles et ceux qui ont compris, à soutenir ce terme de DOLA. Ce n’est pas un caprice de vocabulaire, qui chercherait à faire joli : il veut nommer une réalité biologique trop souvent ignorée, et remettre la médecine au centre. Et c’est aussi un moyen aussi de lutter contre les dérives du « méno-business »…

ET LES HOMMES, alors ? Quel rapport ont-ils eux avec leurs hormones ?
Voilà un sujet que Michel Mouly aborde aussi en toute clarté dans son dernier livre, Hormones, la vie commence à 50 ans (éditions Leduc). « Pour eux, nous parlons désormais du DALA (Déficit Androgénique Lié à l’âge), et non plus d’une « andropause » caricatuarle. DOLA et DALA sont les mêmes faces d’une même obsolescence hormonale programmée, mais avec des dynamiques différentes ».

« L’enjeu, c’est que les soignants puissent identifier, expliquer et traiter une carence hormonale majeure, avec des mots justes. Il s’agit d’une exigence de rigueur scientifique et d’un respect dû aux femmes. » Dr Mouly.

Ce dernier propose d’ailleurs de fonder, DOLA FEMMES, la première association dédiée à cette carence hormonale majeure, pour :
1)-porter la voix des femmes concernées, dans les instances et le débat public,
2)-lutter contre la désinformation et les promesses erronnées ou dangereuses,
3)-soutenir l’accès à une médecine préventive, fondée sur les preuves.
« La santé hormonale mérite une représentation, assène le Dr Mouly, pas une récupération. »

Pour le Dr Mouly, l’enjeu est sanitaire, économique et sociétal, car la DOLA fait l’objet encore de trop nombreuses suspicions, rumeurs et hypothèses contradictoires. « Le vieillissement hormonal féminin n’est pas une construction sociale : c’est un processus physiologique objectivable, observable, mesurable. Oui, la cessation de la fonction ovarienne est directement liée à l’âge chronologique dans l’immense majorité des cas (autour de 50-41 ans dans les cohortes mondiales étudiées), explique-t-il. Oui, la déficience oestrogénique est le noyau central du processus pathologique : ostéoporose, fragilité cardiovasculaire, troubles cognitifs, perte musculaire, perte du désir sexuel, etc. Tous ces risques augmentent dès que les oestrogènes (l’hormone pivot de la santé féminine) chutent. Quand une femme est en DOLA, elle le reste, il n’y a pas de « post-DOLA » ». Cette diminution de la production d’oestrogènes, puis ensuite son arrêt, transforme durablement la vie des femmes, les exposant du coup, à un large spectre de désagréments qui peuvent donner naissance à des syndromes plus graves. « Une solution pourtant existe, capable d’amoindrir, voire d’éradiquer ces effets indésirables de la ménopause. Mais surtout de prévenir différents accidents de santé tels que certains cancers, les maladies cardiovasculaires, les thromboses, la dépression, et de réduire la mortalité du cancer du sein… » martèle le Dr Mouly, fort de sa riche expérience en cabinet et en milieu hospitalier (à Cochin et à l’Institut Gustave Roussy), où il a exercé. Ce remède ? 3 lettres le définissent : le THM (Traitement Hormonal de la Ménopause), à la française, validé scientifiquement.

Longtemps décrié, depuis une étude américaine parue il y a vingt ans (qui fut à l’époque, en 2002, un tsunami mondial anti-THM !) et largement démentie par la suite, le THM est, pour Michel Mouly, l’allié numéro un des femmes entrées en DOLA. Alors que de récentes études américaines (c’est un comble) vantent désormais notre THM “à la française” (oestrogènes transdermiques + progestérone naturelle) peu, encore trop peu de femmes « ménopausées » en France suivent ce traitement. « OUI, le THM fonctionne, s’insurge-t-il. 6% seulement d’entre elles sont aujourd’hui traitées, et près de 70% auront donc des troubles ou des maladies induites par leur ménopause. Environ 200 Françaises ménopausées entre 45 et 55 ans meurent chaque jour de maladies cardiovasculaires, 1 femme ménopausée sur 3 est touchée par l’ostéoporose, jusqu’à 30% des femmes préménopausées ou ménopausées souffrent de dépression… Sans compter le diabète, des cancers, etc. Faire aujourd’hui encore la politique de l’autruche en ne les traitant pas, coûte cher, très cher : 5 milliards d’euros, rien que pour soigner l’ostéoporose des femmes en France ! ». Un traitement hormonal ne s’impose pas, il s’explique, il se propose, et c’est là aussi tout l’enjeu d’une bonne et juste information faite aux femmes…

Intarissable et infatigable sur le sujet, mais également intraitable à la lecture de certaines injonctions, fake news, ou arguments erronés et trompeurs induits par ce nouveau “méno-business” (compléments alimentaires, crèmes miracles, etc.) aujourd’hui très lucratif « et qui “vend du rêve” aux femmes », ou par les « sirènes des influenceuses et podcasteuses qui n’ont rien à voir dans le débat médical et scientifique », aime-t-il à rappeler, le gynécologue ne baisse pas les bras. Dès 2005, depuis le congrès mondial de la ménopause, les données scientifiques étaient claires (l’étude E3N, les publications internationales et le THM à la française ont tracé la voie d’un traitement bénéfique quand il est bien prescrit), et le Dr Michel Mouly n’a eu de cesse d’informer, d’alerter et de transmettre ces informations. Coup de focus en 2022 (avec la publication de son premier livre), puis du second en 2024. Son franc-parler et son acharnement à ne rien lâcher paye, puisque le 5 février dernier, il a été invité à prendre la parole à l’Assemblée nationale, afin d’aborder ces problématiques et thématiques de société. Son engagement est clair : il est grand temps de faire avancer les mentalités et de réformer les lois.

La bonne nouvelle ? La Haute Autorité de Santé (HAS) prévoit d’actualiser (il était temps !) ses recommandations de 2014 et a sollicité entre autres experts pointus sur le sujet… le Dr Mouly, pour cette étape majeure. Un porte-voix d’exception, plus combatif que jamais, pour faire entendre haut et fort, la voix des femmes, de toutes les femmes, sur ces sujets de santé prioritaires. Affaire à suivre…

Pour ne rien manquer de son actu, (ré)écouter ses infos et ses conseils ?
son instagram : @dr.michel.mouly
son Facebook : Dr Michel Mouly

A LIRE, D’URGENCE…

Pour bien comprendre, informer, alerter, renseigner et proposer, mais aussi rassurer, Michel Mouly est l’auteur de trois livres, passionnants, didactiques et très informatifs, qui font aujourd’hui référence, et que BienFaits pour nous a dévorés. Des ouvrages complets dans lesquels toutes nos questions ont enfin, leurs réponses ! Car le médecin y aborde toutes nos interrogations : quand parle-t-on de ménopause ? Qu’est ce que le THM « à la française » ? Que sont les hormones bio-identiques ? A qui s’adresse le THM ? Pendant combien de temps peut-on le prendre ? THM et cancer du sein… ? La liste est longue.

Dans son deuxième livre (Ménopause, ne souffrez plus en silence. Les solutions qui vous donnent le pouvoir sur votre santé. Editions Leduc), il explique en détail, tout ce qu’il faut savoir : préménopause, périménopause et ménopause (devrait-on dire, DOLA)… Il aborde aussi les idées reçues qui les accompagnent, l’intérêt des traitements hormonaux pour toutes les femmes, même celles ayant des problèmes de santé spécifiques (cancer, diabète, endométriose, etc.), la façon optimale de suivre ces traitements : mode d’emploi, temporalité, contre-indications, etc. Il prend ainsi le temps, au fil des pages, de détailler le fameux THM “à la française” (hormones bio-identiques et progestérone naturelle, contrairement au traitement américain). Mais aussi, il conseille les soins complémentaires à mettre en place : alimentation, naturopathie, activité physique, etc. Un guide ciblé et pertinent pour bien vivre ses bouleversements hormonaux, savoir en parler en connaissance de cause, et les traiter, enfin !

« Mon premier livre était une “bouée à la mer” lancée aux femmes ménopausées, à celles qui allaient le devenir ou qui ignoraient les enjeux de la ménopause. Ce second livre était nécessaire pour annoncer les bonnes nouvelles, rassurer les femmes sur le THM et leur proposer des solutions synergiques pour que la ménopause soit une “promenade de santé”. La “ménopause libérée”, voilà comment j’aurais pu l’appeler. » Dr. Michel Mouly

LA MÉNOPAUSE : UN PROBLÈME DE COUPLE !
Pourquoi les femmes subissent-elles un arrêt brutal de la production d’oestrogènes, tandis que les hommes vivent une diminution plus progressive de la testostérone ? Comment restaurer une harmonie hormonale pour préserver la complicité, la santé et la sexualité du couple ? Le Dr Michel Mouly a invité le Dr Carol Burté, experte en andrologie et en médecine sexuelle, à collaborer à ce livre pour offrir une approche inédite, croisée et complémentaire. Ensemble, ils éclairent les enjeux de cette phase de transition, tout en introduisant la notion de “couple pause“, et proposent des solutions concrètes pour que chacun puisse rester pleinement épanoui dans sa vie et dans son couple.

Sortie en mai 2025.

POUR ALLER PLUS LOIN…

Le Dr Michel Mouly plaide, entre autres, pour la mise en place urgente des mesures suivantes :
1. le lancement d’une campagne d’information massive pour alerter les femmes sur les risques qu’elles encourent pour leur santé à la DOLA, sans THM, et pour leur faire découvrir les avantages du traitement hormonal.
2. une prise de conscience plus active des laboratoires : l’idée étant de créer une vraie « synergie » professionnelle autour de la santé des femmes.
3. la création d’une nouvelle matière au collège, qui pourrait s’appeler “parcours de santé humaine”, pour apprendre aux filles, et aux garçons, que la DOLA, tout comme la puberté, est une étape naturelle et normale de la vie d’une femme. Je défends, encourage-t-il, cet “enseignement du parcours hormonal au collège ».
4. la création d’une consultation éducative spéciale ménopause à 40 ans pour toutes les femmes (et, pour tous les couples, « car c’est un sujet dont il faut absolument parler ensemble » et d’un bilan de santé gratuit pour chaque femme à 50 ans (densitométrie osseuse, etc)
5. le remboursement intégral du THM pour toutes les femmes ménopausées, dès sa mise en place (comme le gouvernement l’avait fait pour le vaccin du Covid).
6. la création d’un institut français de la DOLA et de centres de santé pour les femmes qui associeraient sages-femmes, généraliste, gynécologue, etc., afin d’en finir avec les déserts médicaux concernant la santé féminine !
7. la formation des sage-femmes

L’ACTU A SUIVRE…

-Le 9 avril 2025, un rapport parlementaire sur la ménopause a été remis, par la députée Stéphanie Rist, au Gouvernement avec 25 recommandantions et mesures concrètes pour améliorer la santé des femmes : un événement très attendu qui marque un début essentiel. Le Dr Michel Mouly a eu l’honneur d’y contribuer et de témoigner de l’urgence d’agir. Dans sa tribune en 8 chapitres, il partage ses réflexions sur les défis et les solutions à mettre en place pour garantir une santé hormonale équitable et accessible. Chaque chapitre aborde des enjeux cruciaux, des avancées à réaliser et des inégalités à corriger. A écouter… sur son Instagram.

SA BIO EXPRESS
Ancien interne et chef de clinique assistant des Hôpitaux de Paris, le Docteur Michel Mouly a officié en tant que chirurgien au Centre Anti Cancéreux de Villejuif, Institut Gustave Roussy (IGR ). Il a également rejoint le service de chirurgie gynécologique et mammaire du professeur Paniel à l’hôpital intercommunal de Créteil, après avoir occupé le poste de chef de clinique du service de chirurgie gynécologique et d’infertilité de l’hôpital Cochin.

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Rédactrice en chef, journaliste de presse grand public, rédactrice de contenus : je suis une "épicurieuse", en quête de bons plans et d'infos positives pour me (vous) faciliter la vie ! Toujours à l'affût, un vrai radar. Ah oui, et puis... " Je crois en la couleur rose. Je crois que rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois qu'il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour, et je crois aux miracles ". Merci à la belle Audrey Hepburn pour ces jolis mots, devenus ma philosophie ! Et ça..., c'est BienFait pour moi !

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