Bien-être, Ma santé

L’autopalpation ? C’est aussi pour ces messieurs !

Chaque année, ce sont près de 3 000 cancers du testicule qui sont diagnostiqués chez les hommes jeunes. Chez les jeunes de 15 à 35 ans, c’est le cancer le plus fréquent. La plupart du temps, le jeune homme découvre lui-même la tumeur à l’occasion d’une autopalpation. Ce cancer, en effet, n’entraîne le plus souvent aucun symptôme, d’où l’importance capitale de le détecter le plus tôt possible à un stade où les chances de guérison sont presque de 100%.

« L’objectif est d’inciter les jeunes à adopter ce réflexe utile pour leur santé en évitant toute dramatisation, qui pourrait au contraire les décourager », expliquait l’an passé le Professeur Gilbert Lenoir, Vice-Président de la Fondation ARC, à l’occasion de leur campagne de communication sur le sujet. À condition d’être diagnostiqué tôt, le cancer du testicule présente une évolution favorable, et sa détection précoce permet encore d’éviter des traitements trop lourds. »

La campagne de sensibilisation de la Fondation ARC, en 2024.

1, 2, 3, AUTOPALPATION : EN PRATIQUE !

Voici les bons réflexes à adopter. L’examen des testicules n’étant pas systématique lors d’une consultation médicale, les hommes doivent être attentifs aux premiers signes. Dès 13-14 ans, une palpation régulière permettra de détecter très tôt l’apparition d’une grosseur.

-Le moment idéal est à la sortie de la douche car la chaleur de l’eau a détendu la peau des bourses, ce qui facilite la palpation. Devant un miroir, il faut examiner les testicules l’un après l’autre en faisant rouler la glande entre le pouce et les quatre doigts. Les quatre doigts sont placés sous le testicule et le pouce au-dessus. Il est possible qu’un testicule soit plus gros que l’autre. Lors de cet auto-examen, il est aussi normal de sentir sur le dessus de chaque testicule une petite formation allongée, l’épididyme, un canal qui contient des spermatozoïdes. Le fait de palper une petite masse qui était absente lors des autopalpations précédentes doit conduire à consulter un médecin.

CE QUE L’ON SAIT DU CANCER DU TESTICULE

On distingue différentes formes de cancer du testicule selon le type de cellules dont la tumeur est issue. Dans 95% des cas, il s’agit d’une tumeur germinale, c’est-à-dire qu’elle a pour origine les cellules productrices de spermatozoïdes. Les testicules sont formés de deux types de cellules : des cellules productrices de testostérone, l’hormone mâle, et des cellules germinales productrices de spermatozoïdes. Les spermatozoïdes sont véhiculés grâce au sperme puis rejoignent ensuite l’urètre par les canaux déférents. Les testicules sont entourés de différentes enveloppes superposées. Celle qui se situe le plus à l’extérieur est appelée scrotum.

Un cancer du testicule survient lorsqu’une cellule normale du testicule se transforme en cellule cancéreuse, se multiplie sans contrôle et finit par former une tumeur.

6% des cancers du testicule surviennent chez les hommes ayant été atteints d’une cryptorchidie, une anomalie congénitale, qui affecte 1 à 3% des nouveau-nés garçons, et pouvant concerner un seul ou les deux testicules, qualifié(s) alors de testicule(s) ectopique(s). Parmi les autres facteurs de risque :

l’atrophie testiculaire : c’est une diminution de taille du testicule, encore appelée atrophie testiculaire, résultant en particulier des oreillons (maladie virale infantile affectant les glandes salivaires et généralement sans conséquence chez l’enfant, mais potentiellement grave quand contractée à l’âge adulte) ou d’un traumatisme. Elle peut aussi être la conséquence d’un défaut de migration des testicules qui n’a pas été prise en charge pendant l’enfance.

les antécédents familiaux : avoir un frère ou un père qui a été atteint par un cancer du testicule augmente le risque de développer la maladie. Pour autant, le caractère héréditaire n’a pas été établi. Les formes familiales, dont la fréquence varie entre 1,2 % et 3,5 % selon les études, surviennent à un âge plus précoce que les autres formes.

l’infection à VIH : les patients porteurs du VIH (le virus responsable du sida) présentent un risque majoré de cancer du testicule, le plus souvent de type séminome.

le cannabis : des études concordantes ont indiqué un lien entre la consommation de cannabis et le risque accru de cancer du testicule par rapport au fait de n’avoir jamais consommé cette drogue. Ce lien concerne plus particulièrement les formes non séminomateuses.

-les facteurs environnementaux

LE DIAGNOSTIC

Le médecin examine les testicules par palpation et cherche à identifier d’éventuels facteurs de risque. En cas de masse suspecte, il prescrit une échographie scrotale bilatérale, c’est-à-dire une échographie des deux testicules. Cet examen d’imagerie indolore permet de visualiser la masse et d’en mesurer la taille. Si la suspicion de cancer est renforcée par l’échographie, le bilan est complété par le dosage de différents marqueurs tumoraux (α foetoprotéine, hCG totales et LDH), dont le taux est corrélé à l’évolution de la tumeur.

Quand l’échographie scrotale confirme la présence d’une masse, même si le taux des marqueurs est normal, le médecin évoque le plus souvent une tumeur d’origine cancéreuse. Les tumeurs testiculaires bénignes sont en effet exceptionnelles. Cependant seul un examen anatomopathologique permet de poser le diagnostic, ce qui oblige à ôter le testicule. L’urologue reçoit donc le patient pour lui exposer ses suspicions concernant le diagnostic de cancer et lui expliquer la procédure chirurgicale et ses risques inhérents. C’est lui qui procédera à l’ablation chirurgicale du testicule en vue d’un examen anatomopathologique de la masse. Cette intervention, qui se pratique par une incision au pli de l’aine (voie inguinale), est aussi une étape primordiale dans le choix du traitement.

Le bilan d’extension : l’urologue peut prescrire un scanner thoraco-abdomino-pelvien afin d’évaluer l’extension de la tumeur. Il s’agit de visualiser d’éventuelles tumeurs secondaires s’étant développé dans d’autres organes (métastases).

A savoir : par mesure de précaution, les médecins proposent de réaliser une conservation de sperme dans un centre spécialisé avant le début des traitements. Dans la majorité des cas, la fertilité redeviendra, à l’issue des traitements, identique à ce qu’elle était avant la prise en charge.

QUELS TRAITEMENTS ?

Les traitements diffèrent selon le type et le stade du cancer du testicule. Dans tous les cas, la première étape consiste à réaliser l’ablation du testicule porteur de la tumeur. L’efficacité des traitements explique le très bon pronostic de ce cancer même aux stades métastatiques. La chirurgie, qui consiste à retirer le testicule porteur de la tumeur cancéreuse est une étape indispensable du traitement du cancer du testicule. La chimiothérapie et la radiothérapie peuvent être nécessaires dans un second temps, une fois que la nature de la tumeur a été précisée par l’examen anatomopathologique du tissu cancéreux. On parle alors de traitements adjuvants pour les malades ayant une tumeur localisée dont le but est de réduire le risque de récidive, et de traitement curatif pour ceux ayant une évolution métastatique. Le choix du traitement est validé au cours d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Il repose sur le bilan initial (dosage des marqueurs et scanner thoraco abdomino-pelvien) et l’évolution de la maladie en cours de traitement (modification des marqueurs tumoraux, existence de masses résiduelles). Plus d’infos sur www.fondation-arc.org

Source : Les cancers du testicule – Fondation AR, avec le concours du Dr Aude Fléchon, oncologue médicale au Centre Léon Bérard à Lyon.

JE LIS AUSSI :
Cancer du sein : leçon d’auto-dépistage

Rédactrice en chef, journaliste de presse grand public, rédactrice de contenus : je suis une "épicurieuse", en quête de bons plans et d'infos positives pour me (vous) faciliter la vie ! Toujours à l'affût, un vrai radar. Ah oui, et puis... " Je crois en la couleur rose. Je crois que rire est la meilleure façon de brûler des calories. Je crois qu'il faut être forte quand tout semble aller mal. Je crois que les filles joyeuses sont les plus jolies. Je crois que demain est un autre jour, et je crois aux miracles ". Merci à la belle Audrey Hepburn pour ces jolis mots, devenus ma philosophie ! Et ça..., c'est BienFait pour moi !

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.