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Prolapsus : mieux vaut prévenir que guérir !

Les troubles de la statique pelvienne à l’origine des prolapsus sont fréquents chez les femmes. Et pourtant, il s’agit encore d’un sujet tabou et méconnu du grand public ! On estime que 20% de la population française féminine consultent un médecin pour un symptôme, toutes tranches d’âge confondues : fuites urinaires, extériorisation d’organe, la sanction peut être sévère ! Mais il ne s’agit que de la partie visible de l’iceberg. Car certaines ne présentent pas de symptômes. Et d’autres n’osent pas en parler…

Malheureusement, il n’existe aucun traitement médicamenteux pour prendre en charge ces désordres de structure et de soutien des organes du bassin et de la zone pelvienne. Mais il est possible de prévenir et de retarder leur survenue, grâce à une bonne hygiène de vie et à des activités physiques et sportives adaptées. A la rentrée – et à longueur d’année – pensez-y ! Par ailleurs, différents traitements sont envisageables, dans le cadre d’une prise en charge globale, adaptée à chaque femme.

Le Dr Christine Louis-Sylvestre, chirurgien gynécologue, est responsable du département Mère-Enfant à l’Institut Mutualiste Montsouris, à Paris. A la tête d’un service qui fait référence, cette femme sans détour, spécialiste reconnue des troubles de la statique pelvienne, prône une prise en charge graduée et individualisée, afin de corriger les symptômes et d’améliorer le confort de vie des femmes. On vous dit tout !

Qu’entend-on par prolapsus ? Et quelle est l’origine des troubles de la statique pelvienne ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : le prolapsus désigne la descente d’un organe ou de plusieurs organes, par suite du relâchement des attaches de fixation naturelles : avec l’âge et les accouchements, les tissus de soutien se distendent et le plancher musculaire faiblit. Chez la femme, les organes pelviens concernés par le prolapsus sont le rectum, l’utérus et la vessie. On parle de prolapsus génital ou de prolapsus génito-urinaire, selon les organes concernés. Les prolapsus du rectum sont plus rares.

Quels sont les symptômes du prolapsus ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : il peut s’agir d’une extériorisation d’organe, de fuites urinaires à l’effort, c’est souvent le premier signe chez les jeunes femmes, d’une envie d’uriner plus fréquente, d’une sensation de « boule » dans le vagin…. Il s’agit très rarement d’un symptôme sexuel. Mais on peut aussi avoir un prolapsus sans fuites, et des fuites urinaires sans prolapsus ! Par ailleurs, toutes les femmes ne sont pas forcément symptomatiques. Le symptôme est une porte d’entrée. Il convient ensuite de dérouler la check list pour aller chercher d’autres symptômes, établir le diagnostic et décider d’une prise en charge adaptée. Sauf cas exceptionnel, le prolapsus est considéré comme un trouble bénin, qui n’engage pas le diagnostic vital, et il n’est pas douloureux. On ne doit pas attribuer une douleur à un prolapsus, ou seulement quand les autres causes sont éliminées.

Existe-t-il des facteurs de risques ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : l’âge et la ménopause sont des facteurs aggravants : à partir d’un certain âge, si on cherche anatomiquement, on trouve toujours des éléments de prolapsus chez les femmes ! Le surpoids, la prise de poids excessive pendant la grossesse et les accouchements multiples de gros bébés comptent aussi pour beaucoup. Ces trois facteurs sont en forte augmentation, notamment chez les jeunes. Une prise de poids de 10 kg, c’est l’équivalent de 6 bouteilles d’eau qui pèse sur le périnée ! La constipation et la toux chroniques sont deux autres facteurs de risque. Tout comme la pratique intensive des sports à secousses, qui exercent une poussée sur le périnée : corde à sauter, cross fit, crunch… La course à pied n’est pas conseillée aux personnes qui commencent à présenter un prolapsus symptomatique.

Dans la prise en charge du prolapsus, quels sont les traitements existants ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : il n’existe pas de traitements médicamenteux. Quand les tissus de soutien sont abimés, c’est irréversible : il est possible de diminuer les symptômes, mais on ne diminue pas la lésion anatomique. La prévention reste le meilleur des traitements. Il s’agit avant tout d’améliorer son hygiène de vie pour supprimer les facteurs aggravants : alimentation saine et équilibrée, activité physique adaptée, arrêt du tabagisme… La perte de poids a des effets immédiats ! Pour les jeunes mamans, il est conseillé de faire de la kiné après l’accouchement et au quotidien chez soi pour renforcer le périnée, et de procéder à un bilan avec son gynécologue à distance de l’accouchement. La grosse majorité des prolapsus sont post-ménopause. Les THM (Traitements Hormonaux de la Ménopause) ne retardent pas l’apparition des symptômes, ils permettent juste une meilleure trophicité des tissus grâce à l’apport oestrogénique.

Quels types de prise en charge préconisez-vous ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : il existe aujourd’hui un manque de graduation dans la prise en charge des femmes, une tendance aux surdiagnostics et aux interventions chirurgicales. Pourtant, avant de parler de solutions chirurgicales, il convient d’adopter des stratégies individualisées, au cas par cas, en fonction des plaintes exprimées, de l’élément à corriger, du ressenti de la femme et de son mode de vie. Quelle est la gêne ? Quel impact a-t-elle sur son confort de vie et dans ses activités ? Sauf exceptions, ne rien faire est toujours une option ! Le traitement n’est pas systématique, et il doit être forcément global, en faisant appel à des consultations multidisciplinaires si nécessaire : gynécologues, urologues, proctologues et chirurgiens digestifs en cas de prolapsus rectal.

Quelles interventions chirurgicales peut-on trouver à l’IMM ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : le service est un centre expert de référence et à ce titre, il est en mesure d’apporter une solution, quel que soit le prolapsus. Nous sommes 5 chirurgiens gynécologues à pratiquer à l’IMM, en coopération avec nos chirurgiens urologues et digestifs, et grâce à notre caractère pluridisciplinaire, nous maîtrisons toutes les techniques. Nous faisons beaucoup de mini-invasif et nous proposons les deux voies opératoires, par voie naturelle et par coelioscopie, ce qui n’est pas le cas partout. La chirurgie par voie naturelle vaginale consiste à renforcer le plancher pelvien et à fixer le fond du vagin sur les ligaments pelviens. Par voie coelioscopique, on procède par promontofixation : une prothèse de renforcement est posée entre le vagin et la vessie pour remonter les organes. Mais dans un cas comme dans l’autre, les femmes doivent être averties que les risques de récidive existent.

Que penser de la pose d’un pessaire ?

Dr Christine Louis-Sylvestre : le pessaire est un outil assez fantastique, car son utilisation permet de corriger les symptômes et d’améliorer le confort de vie, en toute autonomie. Pour rappel, il s’agit d’un anneau ou d’un cube qui se posent par voie vaginale au-dessus des muscles. C’est la femme qui le pose elle-même, selon ses besoins et son mode de vie. Le but est de maintenir les organes pelviens (vessie, rectum, utérus) à leur place de façon mécanique, le pessaire n’a pas de vertu thérapeutique. Mais encore faut-il que les femmes se sentent à l’aise avec un tel dispositif. D’où l’importance d’une stratégie individualisée de traitement, qui tienne compte des symptômes, de l’âge, des habitudes de vie et du ressenti de chacune !

©Pixabay ; DR Dr Christine Louis-Sylvestre

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Mes activités : fondatrice du blog d’information BtoB L’Actu Spa & Bien-Etre, piges, conseil éditorial, conception-rédaction, communication, brand content. Mes domaines de prédilection : bien-être, beauté, santé, tendances consommation. Mes pratiques de bien-être : spinal network analysis et respiration chez ma chiro préférée Sandrine Perrot, séances d'ostéo avec Magic Valentin Cohas, Pilates, running, badminton, massages bien-être, thalasso, balades au bord de la mer, jardinage...

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